Le tavapadon est un agoniste partiel hautement sélectif des récepteurs D1/D5 de la dopamine, administré par voie orale une fois par jour, évalué dans le traitement de la maladie de Parkinson (1, 2) :
- contrairement aux agonistes dopaminergiques traditionnels non dérivés de l'ergot (tels que le pramipexole ou le ropinirole), qui ciblent préférentiellement les récepteurs D2/D3, le tavapadon active sélectivement les récepteurs D1/D5 afin de stimuler la voie motrice directe tout en minimisant les fluctuations motrices et les effets indésirables liés aux récepteurs D2 (1, 2)
- les données de phase III issues du programme d'essais TEMPO démontrent son efficacité tant en monothérapie dans la maladie de Parkinson précoce qu'en traitement d'appoint à la lévodopa chez les patients présentant des fluctuations motrices (1, 3)
Mécanisme d'action
- agit comme un agoniste partiel des récepteurs dopaminergiques D1 et D5 avec une sélectivité fonctionnelle élevée (1)
- L’activation ciblée des neurones striataux de la voie directe vise à restaurer le contrôle moteur tout en évitant une surstimulation, offrant potentiellement une fenêtre thérapeutique améliorée avec une réduction des dyskinésies et de la somnolence (1)
Résumé des essais cliniques de phase III TEMPO
TEMPO-1 (monothérapie dans la maladie de Parkinson précoce – dose fixe)
- a évalué des doses fixes de tavapadon (5 mg ou 15 mg par jour) par rapport à un placebo sur une période de 26 semaines chez des patients atteints de la maladie de Parkinson à un stade précoce (3)
- critère d’évaluation principal atteint : amélioration significative des scores combinés MDS-UPDRS Partie II (activités de la vie quotidienne) et Partie III (examen moteur) à la semaine 26 par rapport au placebo (3)
- les cohortes recevant respectivement 5 mg et 15 mg ont toutes deux présenté des améliorations motrices cliniquement significatives (-11,4 et -12,1 points par rapport au placebo, p < 0,001) (3)
TEMPO-2 (monothérapie dans la maladie de Parkinson à un stade précoce – posologie flexible)
- a évalué un schéma posologique flexible du tavapadon (5 à 15 mg par jour) par rapport à un placebo sur 26 semaines chez des patients atteints de la maladie de Parkinson à un stade précoce (2, 3)
- a permis une amélioration significative des scores combinés des parties II et III de l’échelle MDS-UPDRS par rapport au placebo (-10,3 contre -1,2 point, p < 0,0001) (2, 3)
- a significativement amélioré les scores de la partie II de l’échelle MDS-UPDRS (activités de la vie quotidienne) à elle seule (-1,5 contre 0,0, p = 0,0007) (2)
TEMPO-3 (traitement d'appoint à la lévodopa dans les fluctuations motrices)
- a évalué le tavapadon (5 à 15 mg par jour) en tant que traitement d'appoint à la lévodopa sur une période de 27 semaines chez des patients présentant des périodes de « off » moteur (1)
- critère d'évaluation principal atteint : augmentation statistiquement significative de la durée quotidienne totale des périodes « ON » sans dyskinésie gênante par rapport au placebo (+1,1 heure par rapport au placebo, p < 0,001) (1)
- ce qui s’est traduit par une réduction concordante de la durée quotidienne des phases « off » d’environ 1 heure par rapport au placebo (-0,94 heure, p < 0,001) (1)
TEMPO-4 (extension ouverte à long terme)
- a évalué la durabilité et la sécurité jusqu’à 85 semaines chez des cohortes en monothérapie et en traitement d’appoint (1, 2)
- effet d’économie de lévodopa : parmi les patients recevant une monothérapie par tavapadon pendant 85 semaines, 94 % (257/273) n’ont pas eu besoin de commencer un traitement par lévodopa (2)
- Stabilité posologique : parmi les patients ayant reçu une association de tavapadon et de lévodopa en traitement d'appoint pendant 85 semaines, 93 % (96/103) n'ont pas eu besoin d'une augmentation de leur dose initiale de lévodopa (2)
Effets indésirables et profil de sécurité
- Effets indésirables en monothérapie : les plus fréquents comprenaient les nausées (25,4 %), les maux de tête (16,7 %), les vertiges (12,7 %), la fatigue, les vomissements, la sécheresse buccale et l'anxiété (3)
- Effets indésirables en traitement d'appoint : les plus fréquents comprenaient les nausées, les dyskinésies, les vertiges, les maux de tête, les hallucinations et l'hypotension orthostatique (1)
- Précautions liées à la classe de médicaments : les cliniciens doivent surveiller l’hypotension orthostatique, le risque de dyskinésie, la somnolence/l’endormissement soudain et les troubles du contrôle des impulsions (jeu compulsif, hypersexualité, achats compulsifs) (1, 2)
Référence :
- Fernandez HH, Isaacson SH, Hauser RA, et al. Le tavapadon en traitement d’appoint de la maladie de Parkinson : l’essai clinique randomisé TEMPO-3. JAMA Neurol. 2026 ; 83(5) : 442-451. doi : 10.1001/jamaneurol.2026.0577
- AbbVie Inc. La FDA américaine approuve le JUVMO (tavapadon) d'AbbVie pour la maladie de Parkinson. Publié en septembre 2026.
- Pahwa R, Moro E, Espay AJ, et al. Le tavapadon à dose fixe dans la maladie de Parkinson à un stade précoce : un essai clinique randomisé. JAMA Neurol. 2026 ; 83(5) : 452-460
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